Dans quelques jours...

Après quelques jours à n'en plus pouvoir d'entendre les sirènes retentir comme pour nous rappeler l'horreur, après quelques jours sonné, hagard, je n'arrive pas encore à mettre les mots comme d'autres arrivent si bien à le faire.

Je me raccroche pour le moment à ceux des autres, avant de trouver les miens. Dans les mots qui résonnent aujourd'hui plus encore que d'habitude dans mon esprit, il y a ceux de Libanios.

Et en réponse à ceux que j'ai entendus dire dès le Congrès que le lyrisme ne servait à rien, j'ai envie de laisser les discours grecs répondre. 

 « Qui n’aurait raison de haïr cette haine d’une si belle conquête, la rhétorique, que nous a donnée Hermès, dont la cité des Athéniens s’éprit et qu’elle diffusa partout après l’avoir nourrie, développée et illustrée ? C’est elle qui pallie la bassesse de naissance, masque la laideur, conserve la richesse, délivre de la pauvreté, suffit à sauver des cités, car elle est plus utile à la guerre que toutes les armes et plus forte dans les batailles que le nombre, quel qu’il soit, des combattants. Qui la maîtrise, souvent égale les devins dans la capacité de prévoir l’avenir ; car ce que leur est l’inspiration, pour lui, c’est la compréhension. Et l’on pourrait affirmer que seuls les hommes de culture sont vraiment immortels, mourant par nature, mais survivant en gloire. » 

 Dans quelques jours, à mon tour, je laisserai les mots glisser, comme ils viendront. Parce que l'on ne m'a pas appris la guerre, on ne m'a pas éduqué à la violence, on m'a transmis les mots, ils sont si importants. 

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